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17 December 2025

Favoriser une transition inclusive vers la mobilité électrique au Rwanda

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La transition vers la mobilité électrique présente à la fois des opportunités et des défis pour le développement inclusif du Rwanda. Si le secteur de la moto électrique (e-moto) connaît une croissance rapide en tant que pilier de l'économie verte, les femmes et autres groupes marginalisés restent largement exclus en raison d'obstacles financiers, culturels et institutionnels. Recueillir directement la parole des conductrices de moto-taxi est essentiel pour comprendre les difficultés concrètes auxquelles elles sont confrontées et garantir que les solutions proposées soient pratiques, ciblées et véritablement inclusives. 

À cette fin, le projet Rwanda E-Moto a mené des consultations auprès de conductrices de motos électriques afin de recueillir des informations pour son programme de rabais, piloté par le Fonds vert rwandais (RGF). Ces consultations ont permis d'aborder les difficultés rencontrées et de mieux comprendre les besoins pour développer des solutions inclusives et renforcer le rôle des femmes en tant qu'ambassadrices clés du projet E-Moto, contribuant ainsi à accroître leur participation au secteur.

Le RGF, avec le soutien de Rwanda Electric Mobility (REM), de Global Clearing House for Development Finance (GlobalDF) et d'ICLEI Africa, a consulté 58 opératrices de moto-taxi électriques, qui ont partagé les principaux points de vue suivants :

Défis identifiés

  • Les femmes sont confrontées à de multiples obstacles lorsqu'elles obtiennent un permis de conduire : Le coût élevé de la formation et le temps d'étude limité, dus aux responsabilités familiales et à la garde d'enfants, entraînent des échecs répétés aux examens. De plus, le manque de monitrices oblige les femmes à se tourner vers des moniteurs, et plusieurs conductrices ont signalé avoir été harcelées par ces derniers. La formation et les examens se déroulent également sur des motos thermiques, plus difficiles à manier, alors même que les femmes suivent une formation dans le but de conduire des motos électriques.
  • Normes culturelles: Les familles dissuadent souvent les femmes de faire de l'équitation, considérant cela comme un « travail d'homme ». Certaines femmes manquent de soutien financier pour la formation et la garde d'enfants, et leur dépendance accrue envers leur famille ou leur conjoint pour obtenir des garanties limite leur accès au financement.
  • Les préoccupations liées à la sécurité et au harcèlement limitent la mobilité et les revenus des femmes.Les femmes ne conduisent pas la nuit en raison des risques liés aux passagers ivres, au harcèlement et aux accidents, et la location de motos est également considérée comme dangereuse en raison des dommages potentiels, des amendes, des utilisations abusives et des pertes de revenus.

 

Informations supplémentaires

  • Les femmes interrogées affirment que les passagères qui ont essayé des conductrices les préfèrent car elles conduisent de manière plus sûre.
  • Le bouche-à-oreille fonctionne bien : de nombreuses femmes ont rejoint le secteur des taxis électriques après avoir été présentées par des amies, ce qui indique la viabilité et le potentiel de croissance de ce secteur en tant qu’activité génératrice de revenus pour les femmes.
  • Les conductrices sont enthousiastes quant au potentiel de ce projet et désireuses de participer à des activités telles que les consultations. 

Dans l'ensemble, les consultations ont permis de jeter les bases d'une stratégie efficace pour les prochaines étapes du projet de moto électrique. Les parties prenantes ont identifié des participantes potentielles grâce aux réseaux communautaires existants et ont exploré différents modèles d'implication, y compris des options autres que la conduite directe. Les besoins essentiels en matière de formation, d'admissibilité et de soutien ont été soulignés comme étant indispensables à la participation sécuritaire et réussie des femmes. 

Une concertation précoce sur les aspects financiers a permis de définir des paramètres réalistes pour le programme de remboursement, et des canaux de communication ouverts ont été mis en place pour continuer à l'améliorer. Surtout, les informations partagées ont permis de mieux comprendre les obstacles rencontrés par les femmes, orientant ainsi le développement d'un programme plus accessible, adapté et inclusif.

Ce projet se situe au carrefour de la finance, de la gouvernance multiniveaux, de la mobilité bas carbone et de l'égalité des genres et de l'inclusion sociale (GESI), illustrant concrètement l'intérêt de combiner assistance technique et soutien financier, selon l'approche du Mécanisme d'action d'atténuation. Il renforce les capacités locales à mettre en œuvre des projets transformateurs pour le climat et à mobiliser les financements publics et privés nécessaires à un véritable changement.

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